La petite bête

Cette pénible sensation de chaleur
Qui monte au front d’heures en heures
Ce froid qui m’enserre si fort le cœur
Malgré la température et la sueur

Quelle saleté court encore dans mes veines
Quel destrier a fait de moi sa cité troyenne
Et pourquoi cette toute petite chose me malmène ?
Je ne lui veux pas de mal, moi, à ce pathogène

Je suis pourtant une hôtesse très sympathique
Je le loge, le nourri et même le duplique
Alors pourquoi me rendre si pathétique ?
A espérer mon salut de quelques génériques ?

Ah si je chope celui qui me l’a refilé
Avec ses mains sales ou son nez englué
Ce grand malade qui, malgré tout, va travailler
Sans égard pour les futurs contaminés

Je te renverrai tout ça au fond de son lit
Quitte à le garder sous clef au chaud chez lui
Je te lui apprendrai manu militari
Qu’on garde pour soi ce genre d' »amis »

Être en quarantaine c’est un moindre mal
Quand on porte la mort infinitésimale
Car même une petite crève des plus banales
Peut se terminer aux urgences d’un hôpital

Alors à tous les atrophiés du citron
Qui croient qu’avec deux trois cachetons
On peut aller se promener sans précautions
Ma grippe vous dit merci bande de couillons !

 

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